Le projet que nous envisageons de soumettre vise à reconstituer, cartographier et valoriser les grands axes des communications mis en place dès l’époque romaine pour relier l’Europe occidentale aux territoires de la péninsule balkanique. Ces axes, en effet, ont été de vecteurs déterminants des mutations politiques, économiques et culturelles forgeant au fil des siècles l’identité de ces pays situés au cœur de l’Europe et influant sur les rapports entre l’Occident et l’Orient. En suivant une approche originale – diachronique et pluridisciplinaire – notre projet s’intéressera plus précisément à deux grandes voies des communications du sud-est européen, composantes patrimoniales majeures du réseau routier hérité de l’antiquité, ainsi qu’à leurs prolongements : la via Diagonalis et la via Egnatia. Reliant l’ouest et le centre de notre continent aux grands ports de la Mer Noire et aux rives du Bosphore, ces voies sont devenues au fil du temps des axes majeurs de la circulation européenne. L’importance de ces deux grandes voies de communication est telle qu’encore au début du XXIe siècle, ces « chemins » continuent à être les principaux axes reliant les pays des Balkans avec le reste de l’Europe. Autoroutes, routes et voies ferrées suivent simplement leurs tracés et constituent un puissant élément économique et de cohésion interne. Les connexions que ces itinéraires ont fournies au fil du temps et de l'espace aux communautés, aux idées, aux langues et aux pratiques religieuses ont abouti à un riche patrimoine matériel et immatériel partagé entre plusieurs pays européens. Jalonnées ainsi de hauts lieux de mémoire, de vie spirituelle et culturelle, ces routes qui ont modelé les paysages qu’elles traversent ne demandent qu’à être « redécouvertes ».